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Alassane OUATTARA à l’épreuve de la réconciliation ou l'imposteur dans le piège de la vérité

Publié par NDOLO sur 28 Octobre 2012, 21:18pm

Catégories : #politique, #Economie, #Afrique

Alassane OUATTARA à l’épreuve de la réconciliation

Il apparaît à tous les observateurs de la vie politique ivoirienne un tant soit peu crtitiques, que le développement de la Côte d’ivoire passera par une franche et sincère réconciliation entre tous les acteurs politiques opposés par les différentes crises qui se sont succédées, et également une réconciliation avec tous les ivoiriens.

Les déchirures de la crise post-électorale sont encore fraiches, entre affrontements interethniques, génocides, barbaries et exactions de toutes sortes commises sur les populations ivoiriennes que leurs leaders politiques ont bien voulu leur infligé – chacun bien au chaud dans sa forteresse.

Je voudrais ici préciser que je n’ai jamais cru à la victoire d’Alassane Ouattara en Côte d’ivoire lors de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Tout simplement parcequ’il est scientifiquement impossible que 54 % des ivoiriens aient choisi Ouattara avec une participation de 81% telle que l’a indiqué Onuci lors du deuxième tour. Cependant l’Union africaine ayant pris position pour Alassane Ouattara, pour ma part je considère qu’il est président de la république et que Laurent Gbagbo aurait du à ce moment assumer sa responsabilité d’avoir accepté d’aller aux élections sans que l’accord politique de Ouagadougou ait été appliqué entièrement. Une fois cela dit, prenons donc le temps de décortiquer l’action du président Ouattara qui apparaît comme le démocrate que l’Afrique Francophone attendait et qui jouit d’une popularité incontestable dans la communauté internationale.

Alassane Ouattara et commission réconciliation

A peine installé dans son fauteuil présidentiel, Ouattara prend une série de mesure par décret : la dissolution de l’assemblée nationale – pour éviter que Mamadou Koulibaly à l’époque president du Fpi soit son dauphin constitutionnel, ensuite l’abrogation de tous les décrets passés par son prédécesseurs Laurent Gbagbo, et la mise en place d’une commission dialogue, vérité et réconciliation confiée à M. Charles Konan Banny lui-même acteur de la crise postélectorale. La commission réconciliation n’a aucune stratégie, aucun pouvoir et toutes ses propositions ou déclarations ne servent qu’à distraire l’opinion publique. Depuis sa création aucune figure de la crise post-électoral n’y a fait de témoignage ni de déclaration. Aucun crime n’a été dénoncé, les partis politiques responsables de la crise n’y sont point associés. Cette commission n’est adossée à aucune structure légale pour que son rapport serve de base à une enquête ou une inculpation. D’ailleurs pour Ouattara à mis également sur pied une commission d’enquête des crimes de la période postélectorale, qui n’a rien a voir avec la commission réconciliation et dont le rapport ne servira ni au procureur ni même à Charles Konan Banny. Il aurait pourtant été simple de faire voter une loi organique à l’assemblée nationale qui confère des pouvoirs à la commission réconciliation d’enqueter sur les crimes, d’entendre des victimes et de produire des recommandations qui seront ensuite appliquées par la justice. Au lieu de cela notre hyper président crée deux appareils complètement inutiles et inoffensifs.

Les élections législatives et municipales

A la veille des élections municipales le grand démocrate j’ai nommé Alassane Ouattara révoque illégalement et anticonstitutionnellement le président du conseil constitutionnel ainsi que ses membres. La Constitution ivoirienne dans son article 89 dit que le président de la république nomme 3 conseillers au conseil constitutionnel et le président de l’assemblée en nomme 3, notre grand démocrate commence ainsi par violer la constitution et l’équilibre des pouvoirs.

Pour rajouter une insulte à la douleur, notre grand démocrate se lance dans un decoupage électoral sans au préalable effectuer un recensement de la population, cela uniquement pour s’assurer un nombre de député Rdr qui lui permettrait d’obtenir la majorité absolue sans l’aide du Pdci.

Ensuite vient le temps des élections et ce que l’on constate n’est pas du tout surprenant, dans les localités du Nord administrées par les com’zones les scores des députés Rdr frolent indéniablement les 100% ( Soro Guillaume 99,05 % des suffrages exprimés à Ferké, M. Ouattara Tene BIRAHIMA 99, 29 % des suffrages exprimés). Les résultats généraux des élections confèrent sans surprises au grand démocrate et habile découpeur une majorité absolue de 127 sièges sur 255. Et pour les municipales Ouattara annonce un nouveau découpage.

La justice des vainqueurs

Notre grand démocrate s’est donc lancé après les législatives dans un remaniement ministériel, octroyant à sa famille des porte feuilles importants comme le ministère de la présidence pour son petit frère (avec le portefeuille de la justice) et pour lui-même hyper président le ministère de la défense. Une exception totale dans la vie politique ivoirienne.

Laurent Gbagbo a été transféré à la haye en tant que Co-auteur des crimes de guerre, sans qu’une seule personnalité du camp Ouattara ait été inquiétée. Les rapports de Human right et Amnesty international indexent pourtant les Frci pour des multiples cas d’exactions. Ouattarra avait lui-même pris un décret pour la création des frci lorsqu’il était replié au Golf Hotel, il devrait donc répondre lui-même avec son ministre de la défense Soro Guillaume de crimes de guerre, mais il n’en n’est rien. Comme si des exactions commises par des frci sur des femmes et enfants ne comptaient pas parmi les crimes de guerre. Le procureur de la république de Côte d’ivoire n’a inculpé aucun frci malgré les exactions qui ont suivi l’installation de Ouattara (Vavaou, Sikensi, Duékoué 2012, Yopougon etc). Il apparaît donc une certaines crispation de l’appareil judiciaire de Ouattara, et une forme de partialité dans la justice internationale qui met à mal le processus de réconciliation. La comédie du procureur Ocampo qui fait des enquêtes sur la crise ivoirienne à partir de 2002 tout en félicitant Guillaume Soro de son élection à la présidence de l’assemblée, renforce le sentiment qui entoure l’institution internationale de partialité et d’instrument politicien contre les Africains.

La réconciliation n’est pas une incantation !!!

Assis sur son hyper pouvoir que certains pourraient encore qualifier de démocrate, M. Ouattara rêve d’une réconciliation à laquelle il ne travaille pas. Economiste de son état il imagine des capitaux étranger revenir en Côte d’ivoire sans qu’il y ait de stabilité politique et économique. On a coutume de dire que l’argent n’aime pas le bruit. Le volume des richesses s’est considérablement déprécié depuis l’arrivée d’Ouattara aux affaires. Le cinglant désaveu contenu dans la récente réponse de BAD à Ouattara, prouve bien qu’on ne trompe l’opinion longtemps, la réalité des chiffres économiques reste un outil de Bilan neutre.

Et Pour couronner le tout la récente et logique reprise des hostilités en Côte d’ivoire vient confirmer à Ouattara que la réconciliation ne peut demeurer au stade de fantasmes et d’incantation. Si notre cher Grand démocrate s’évertue à gouverner dans réconcilier les ivoiriens, et a créer une nouvelle forme d’ivoirité pro-nordiste, la déstabilisation du pays ne sera qu’une simple conséquence. Et comme le disait à juste titre Nelson Mandela : « la lutte armée est la simple continuité de la diplomatie par d’autres moyens, car c’est l’oppresseur qui fixe les termes de la lutte ».

Alors Monsieur le président, réconciliation ou incantation ? Mais peut on réellement réconcilier sans vérité ?

Alassane OUATTARA  à l’épreuve de la réconciliation ou l'imposteur dans le piège de la vérité
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