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Un espace de partage et de renouvellement de la pensée africaine. Une plateforme politique pour livrer ma vision et mon point de vue sur l'actualité africaine et internationale


L’APPROPRIATION DE LA CITOYENNETE CAMEROUNAISE PASSERA PAR UNE FEDERATION DE NOS PARTICULARISMES ESSENTIELS

Publié par NDOLO sur 28 Octobre 2012, 21:20pm

L’APPROPRIATION DE LA CITOYENNETE CAMEROUNAISE PASSERA PAR UNE FEDERATION DE NOS PARTICULARISMES ESSENTIELS

Pour ceux qui suivent et comprennent l’actualité Africaine depuis une décennie, il y a un slogan qui revient régulièrement dans l’air du temps et qui prend souvent diverses formes d’expressions. Je l’ai nommé ici – pour notre époque – «le retour aux sources ».

Comme si de quelque manière nous nous étions éloignés de nos essences et avons embrassé une forme incongrue de développement ou de culture qui ne respecte point nos particularités, nos coutumes, nos traditions etc… Le problème est souvent abordé de manière assez simpliste comme si l’objectif recherché était de sous-poudrer ou d’atténuer les conséquences visibles de ce mal récurrent, qui nous revient en pleine figure comme un soufflet, et ce de manière quasi-périodique, tous les dix ans.

Egyptologie

Dans la précédente décennie, il s’agissait essentiellement d’Egyptologie et de s’inspirer du modèle de l’Egypte antique pour façonner nos existences, car ce fut là l’âge d’or de l’Afrique noire. Cela a permi de mettre en lumière les travaux de beaucoup d’historiens Africains et surtout une partie de l’histoire de l’Afrique, qui a été altérée et souvent cachée à la mémoire de ses descendants. L’une des différentes interprétations de ces travaux était d’affirmer haut et fort l’apport de l’Afrique dans le monde moderne. Et une fois cela fait nous pouvions donc retourner à nos sommeils pendant que des prédateurs pillaient violement nos chers pays.

Religions Africaines

Pour cette décennie, il s’agit pour certains de retourner aux religions ancestrales africaines pour combattre l’aliénation, et ainsi puiser dans le culte ancestral une essence qui enclenchera le mécanisme de construction d’une Afrique forte et digne. C’est une idéologie qui est très soutenue par certains intellectuels –souvent et curieusement des pontes des régimes dictatoriaux – comme M. POUGALA et d’autres. Cette démarche qui dans le fond n’a rien de déstructurant est donc instrumentalisée par les dictateurs qui souhaitent se maintenir, et elle mute donc dans une forme d’anti-occidentalisme primaire complètement inoffensif. Pourtant rappelons la réligion ou la croyance dépendent essentiellement du libre arbitre de chaque individu, il n’est pas une réligion qui soit imposée aux fidèles sous formes de repli.

Modèle d’édifice national inadéquat

Ces phénomènes prennent une telle ampleur parce que nous avons une certaine facilité à construire nos édifices nationaux sans tenir compte des réalités qui nous sont propres et essentielles. Nous sommes même capable de reproduire à l’identique des modèles importées de peuples qui n’ont aucune similarité contextuelle ni structurelle avec notre peuple. Il apparait à un moment, un idéal national de ce que doit être une république, et nous décidons de dissoudre complètement nos particularismes pour devenir des citoyens d’un territoire découpé par des colons de manière totalement farfelue. Au sortir des indépendances nous nous sommes retrouvés à cohabiter entre populations qui n’avaient en commun que le fouet colonial. Il fallut donc à cela rajouter une forme d’appropriation de la citoyenneté, nos dirigeant ayant opté pour une confiscation organisée du pouvoir, il fallait donc sous-poudrer pour éviter des replis identitaire et des soulèvements ethniques ; c’est ainsi qu’est née la notion d’équilibre régional qui fait couler tant d’encre. Pour résumer le processus : on choisit un modèle national, on le parachute sur des populations sans aucune cohésion, ensuite on essaie de sous-poudrer pour éviter des affrontements ethniques tout en incantant le mot citoyenneté, et enfin tous les dix ans on se distrait d’un retour aux sources.

Le Cas du Cameroun

Pour le cas du Cameroun, c’est encore plus décevant qu’ailleurs, l’appropriation citoyenne est une imposture, mais tant pis on construit dessus. Les gouvernants sont illégitimes mais on s’imagine que leurs représentants au niveau régional le sont moins pour pouvoir développer leur région sans budget sans moyens etc. Les passions tribalistes qui sont souvent la conséquence d’un vide structurel et absence totale de planification du développement économique et du développement humain, sont de plus en plus présentes dans les communautés.

Les différentes formes de législation se substituent les unes aux autres, par exemple, le cas des codes coutumiers et code civil en vigueur en dit long sur l’imposture que nous vivons au Cameroun au niveau national. Un mariage coutumier n’aucune valeur légale, une disposition pour une succession éditée par une autorité cantonale n’a aucune forme de valeur. Les prérogatives des autorités cantonales les relèguent au grade de simples observateurs de la modernité dans un costume de gardiens de la tradition, la conséquence naturelle étant une réfraction à toute forme de progrès.

La gestion des litiges fonciers témoignent également de la place que nous donnons à nos traditions dans nos vies. Une problématique d’héritage foncier ou d’acquisition d’un bien ne se fait sans la constatation d’un chef de canton, par contre lorsqu’elle doit être jugée, le juge n’a d’autre recours que celui du législateur, qui de son côté fait l’impasse sur le code coutumier. Autant de sujets que nous pourrions évoquer des heures durant qui prouvent que l’édifice national que nous nous obstinons à construire n’a aucun fondement essentiel et n’intègre aucun de nos particularismes.

Enfin, dans ce diagnostic, il serait complètement partial de ne pas aborder la problématique du Cameroun anglophone, qui a fait les frais de la réunification en 1972, si l’on doit faire un bilan de cette république pour cette partie du Cameroun, alors il serait préférable de sortir d’abord nos mouchoirs, car à part le sous-poudrant équilibre régional qui confère une primature sans pouvoir tous les 4 ans aux anglophones, ils pourraient tout autant se sentir aussi nigérians que Camerounais. Les différentes velléités sécessionnistes des 20 dernières années sont la preuve que l’appropriation de la citoyenneté n’est plus une option sérieuse pour certains de nos frères anglophones. Mais cette question n’intéresse pas nos dirigeants, d’ailleurs leur solution à cela s’appelle décentralisation, un sous-poudrage supplémentaire.

Il faut définitivement envisager une refonte de l’édifice national, une mutation profonde qui nous mène vers un modèle qui sera une fédération de plusieurs entités régionales. Car la fédération est le seul modèle de nation qui intègre et conserve les particularités régionales et les promeut, l’identité de chacune des entités fédérées demeurera inaltérée et pourra même se renouveler au fil du temps

Il faut pour cela et avant toute choses reconnaitre nos particularismes et nos différences ainsi que celles des autres, les respectées pour qu’elles s’inscrivent au patrimoine des cultures camerounaises.

Découpage des entités fédérées.

Nous avons actuellement 10 provinces dans lesquelles règnent confusions de genre et doublons de fonctions, le gouverneur qui est nommé par l’exécutif, et dont les prérogatives sont plus honorifiques que réelles. Les préfets et sous-préfets dont les pouvoirs relèvent de la simple administration bureaucrate. Le délégué du gouvernement qui est un personnage nommé par l’exécutif qui bénéficie d’un budget et de prérogatives allant au-delà de celles d’un élu local –censé avoir plus de légitimité du fait de son élection. Enfin les entités cantonales gérées par les chefs de Canton. Aucunes de ses personnalités ne participe réellement au développement de sa localité, mais chacune d’elles y assistent en spectateur, car le fonctionnement même de ces entités dites décentralisées obéit plus aux caprices d’un exécutif souvent laxiste. Les budgets locaux sont essentiellement constitués d’enveloppes provenant du trésor général à la capitale, et sont souvent redistribués en milieu d’années dans le meilleur des cas, au lieu du début de l’exercice budgétaire.

Une vraie refonte serait d’abord de revoir complètement le nombre de personnalités (gouverneur, député, maire, magistrat général, chef de regroupement cantonal…) intervenant dans le développement d’une province, d’une région ou d’une localité. Cela nécessite un recensement et un découpage. Ensuite le mode de suffrage choisi pour désigner ces personnalités doit respecter l’équilibre entre les autochtones et les allogènes – certains portefeuille devant être réservées aux autochtones pour assurer une dose important de tribalité nécessaire à la viabilité des particularismes et des savoirs endogènes. Certaines fonction telle que magistrat général pourront –être soumises au suffrage indirect.

Un conseil provincial et régional

Un conseil provincial qui réunira certaines personnalités locales élues pourra être constitué, afin de voter des lois en vigueur dans la province, et gérer les arbitrages entre les différents codes coutumiers. Pour cela la présence de chefs de cantons serait appréciée pour que la législation tienne compte de certains éléments essentiels à la promotion des traditions.

Par exemple Au Sénégal, pour ce qui est du code familial, le code civil s’est aligné sur le code coutumier rendant ainsi possible le fait qu’un mariage coutumier soit reconnu par la loi après constatation de l’officier d’état civil (article 114 et article 125 du code civil sénégalais), cela prouve qu’il est possible d’intégrer une partie du code coutumier au code civil. Je voudrais également rajouter l’exemple du Congo-Brazzaville, où le code coutumier s’applique de façon brutale dans le régime des successions sans aucune interrogation sérieuse ; Lorsque qu’un homme fortuné décède, ses biens sont automatiquement confisqués par ses frères et parents pour que la famille de son épouse de ne bénéficie point de la fortune du défunt, même si au passage la veuve de celui-ci sombre complètement dans la pauvreté avec ses enfants.

Au Cameroun ce n’est pas totalement différent, ce qui prouve également que certaines dispositions de nos codes coutumiers devront être révisées entièrement voire supprimer.

La mécanique au sein du conseil provincial ou régional doit permettre d’engager des mutations structurelles dans nos cellules traditionnelles pour embrasser les modernités avec une dose d’authenticité et beaucoup de convictions.

Les Budgets

Les budgets régionaux et différentes allocations budgétaires pourraient être issus premièrement de, la fiscalité locale – y compris une partie importante de la tva collectée, avec une autre partie provenant de l’état fédéral, ce qui permettra également à la province de s’endetter ou de recourir à des financements extérieurs selon un ratio déterminé et inscrit dans la constitution. Cela assurerait une autonomie à chaque province et région, ainsi qu’une obligation de rentabilité et de sérieux budgétaire.

La vie dans les provinces

Dans chaque province, les éléments culturels pourront être promus de manière pédagogique dans les programmes scolaires (langues locales, histoire du Cameroun et apport de la localité dans celle-ci). Une programmation au sein du conseil provincial, de la politique économique, culturelle et sociale pourra ainsi aider promouvoir des échanges avec d’autres entités ou localites par exemple : la province du littoral pourrait nouer des liens partenaires avec la ville de Kinshasa ou de Cotonou ou travailler avec d’autres partenaires à l’international.

Des chambres parlementaires

L’etat fédéral pourra donc se doter de chambres parlementaires dans lesquelles siègeront également des élus provinciaux (députés et/ou sénateurs) qui seront chargés de défendre leur province et région et d’approuver ou de valider l’action de l’exécutif.

Un collège de magistrat supérieurs élus au suffrage indirect pourrait constituer une chambre constitutionnelle chargée de vérifier la constitutionnalité des textes votés en assemblée ou autre sujets importants.

L’exécutif

Pour contenter la plupart des conceptions culturelles que nous avons de l’exécutif, que ce soit dans la sphère familiale ou dans la sphère imaginaire, il serait envisageable d’avoir un exécutif à deux têtes. L’une d’elles serait active et recevra les pouvoirs de l’assemblée et l’autre serait une figure honorifique qui incarne le patrimoine nationale, qui serait désignée à chaque élection par un suffrage indirect des chefs tribaux et cantonaux.

La fédération de toutes ces entités authentiques et légitimes fera du Cameroun une république à part entière solidement enracinée dans sa culture et à même de promouvoir son patrimoine à travers le monde entier. Une République qui vacillera pas devant les courants de retour aux sources, car elle sera en perpétuelle mutation cohérente vis-à-vis de son histoire et bien ancrée dans chacun de ses particularismes

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