. BAKOT n'est plus tribaliste qu'aucun de nous, et il a mis le doigt sur une réalité
Suite à la publication de la lettre de M BAKOT - plus dans ses fonctions à l'UCAC que dans son église - des voix se sont faites entendre pour condamner les propos de l'homme, traité de tous les noms d'oiseaux et le vilipendé comme s'il était de ceux qui ont inventé l'équilibre Régional.
A l heure ou dans certaines nations qui nous servent de référence - malgré nous - comme la France, on parle de diversité - et nul n'ignore à quelle point le gauchisme s'est ancré dans l’Afrique profondément - il apparait tabou au Cameroun de parler d'équilibre tribal et régional. Cette question est jugée tellement sensible qu'il vaudrait mieux la laissé au fond de nos tiroirs avec un sceau de lâcheté et d'incantations séniles. Et voilà qu'une voix s'élève pour briser le silence - ou la surdité profonde - et mettre devant une population camerounaise hypnotisée par le virus de l'attentisme, un sujet sur lequel il était plus qu'urgent de se pencher.
Rappelons ici qu'il s'agit d'une université catholique et privée, qui - disons le ainsi, s'aperçoit qu'elle ne respecte pas complètement le principe de la diversité régionale. Il se trouve que 60% des étudiants de cette université se concentre autour d'une seule et même région. Avant de tirer les conclusions, une commission se penche pour élucider ce mystère pour ensuite prendre les dispositions qui s'impose. Pour un établissement aussi neutre et de surcroit qui se dit Chrétien, n'est-il pas naturel de vouloir que l'enseignement soit dispensé à tous les étudiants camerounais sans distinction tribale ou régionale. Si il s'avère que l'enseignement qui est dispensé à l'UCAC intéresse d'abord en grande partie les originaires d'une seule et même région, alors c'est une simple réalité. Si également il s'avère que ce sont les coûts directs et indirects de l'enseignement qui font en sorte que beaucoup d'étudiants camerounais n’aillent pas à l'Ucac et qu'une seule région puisse être concentrée dans cet établissement, alors il se pourrait que l'Ucac puisse trouver des solutions adaptées (réductions des coûts, attribution de bourse etc). Ou encore il se pourrait que l'Ucac soit en proie à un sectarisme qui pourrait à terme entacher l'image de cet établissement qui se dit Chrétien. Toutes ces possibilités méritent d'être examinées. C'est alors que tant de passions se sont soulevées pour qualifier la démarche de M. BAKOT de tribaliste. Dans un pays ou les crispations ethniques sont visibles, dans les conflits fonciers, politiques etc, il serait devenu tabou de remettre un peu d'équilibre et de diversifier les régions et les particularismes dans un établissement privé.
De qui se moque t-on.
Une escroquerie des consciences populaires est mise sur pied pour tenter de victimiser ceux qui bénéficient de cette incompétence et de se dysfonctionnement de l'UCAC.
L'opinion camerounaise a le droit d'être informée de la raison pour laquelle, un établissement privé de qualité reconnue et certifiée, recevrait parmi ses étudiants 60% de camerounais concentrés autour d'une seule région. Soit on y enseigne dans la langue de cette région, soit la région concernée produirait tout simplement plus de cerveaux que toutes les autres régions réunies.
Selon mon humble avis, et quelque soit la raison de ce déséquilibre, l'UCAC doit engager des réformes profondes pour diversifier sa population estudiantine, ou se délocaliser dans la région qui s'interesse le plus à son enseignement. Celà éviterait des frais de déplacements aux étudiants.
2 solutions
Pour diversifier il y a deux solutions pratiques : un concours provincial, ou chaque province enverrait un quota d'étudiants, celà complété par une couche d'équilibrage pour les enseignants afin d'éviter les situations de favoritisme ou de sectarisme.
La deuxième solution est plus politique que structurelle : il s'agit pour l'état de muter vers un fédéralisme dans lequel la tribalité aurait des accents et des relans égalitaires pour les particularismes dans le cameroun. Et ainsi d'enterrer définivement l'équilibre régional, qui encourage l'illégitimité et le sous-poudrage, et qui a pour conséquence directe "la médiocrisation collective".
Pour être précis : si dans nos dix province, les gouverneurs étaient élus au suffrage local (autochtones), les députés, les maires et les prefets également selon un découpage régional, ils pourraient siéger dans un conseil régional, avec les différentes autorités municipales Cantonales qui seraient associer aux décisions et aux affaires, par des votes et des éléctions. Le budget local qui serait constitué des impôts locaux (taxe foncière, taxe d'habitation, une partie de la tva etc) avec en plus une participation de l'état fédéral, l'appropriation du développement par les populations seraient accélérée et consistante. La représentativité serait institutionnelle et l'improvisation n'aurait plus sa place tout comme l'équilibre régional. Je donnerai plus de détail sur ces aspects dans d'autres correspondances.
En conclusion lorsque dans un pays de plus de vingt millions d’habitants pour qui l’appropriation de la citoyenneté est encore une utopie, on imagine ne serait-ce qu’une seule minute que l’on peut déroger à la règle de la planification et la recherche permanente de l’équilibre entre les populations, les tribus, les ethnies et les particularismes, alors c’est qu’on est capable de s’endormir la porte ouverte avec un coffre fort bien garni dans le salon de la maison